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Le cinéma de Jean Pierre Lefebvre

Jean Pierre Lefebvre

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Pascal Laplante - Éléphant

 (mis à jour avril 2015)

Figure importante du cinéma québécois, Jean Pierre Lefebvre est un cinéaste prolifique qui s'est investi au cours de sa carrière dans toutes les sphères de la production cinématographique. Acteur, scénariste, réalisateur et producteur, il a donné naissance à près de 30 longs métrages, dont une vingtaine entre 1964 et 1984; onze d'entre eux ont été présentés au Festival de Cannes dans différentes sections. Les fleurs sauvages a même remporté le prix FIPRESCI (prix de la Critique internationale) en 1982.

En 1995, il a reçu le prix Albert-Tessier pour l'ensemble de sa carrière, la plus haute distinction accordée au Québec à une personne dans le domaine du cinéma. En 1997, il a remporté le Prix Lumières de l'Association de réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ). Président de l'ARRQ de 2002 à 2010, l'homme derrière Les dernières fiançailles et Il ne faut pas mourir pour ça a toujours eu à coeur de défendre les revendications de ses collègues réalisateurs et est un grand militant d'un cinéma de création, libre de considérations commerciales. En 2013, il a reçu le PGGAS (Prix du gouverneur général pour les arts du spectacle) de la réalisation artistique - cinéma.

Cinéaste indépendant par excellence, Jean Pierre Lefebvre a rapidement fondé à la fin des années 60 ses propres compagnies de production afin d'éviter toute forme de compromis sur ses oeuvres. Selon ses dires, le plaisir et l'urgence sont les deux pivots qui nourrissent sa démarche créative. Beaucoup de ses films ont été tournés avec peu de moyens, dans des décors naturels, obéissant  à une volonté de créer et de véhiculer des images suscitant l'émotion dans un contexte et une esthétique souvent minimalistes.

Tout au cours de sa carrière, Lefebvre dépeint l'intimité des êtres humains, leurs valeurs ainsi que les rapports comportementaux et idéologiques qu'ils entretiennent avec une société en mouvement à laquelle ils doivent s'adapter constamment.
Son regard est  lucide et ses images perméables au contexte social dans lequel elles ont été tournées. On sent dans ses films l'influence du climat médiatique et politique sur les comportements canadiens-français. Abordant autant le bonheur que la misère, le cinéma de Jean Pierre Lefebvre est avant tout profondément humain.  

Éléphant vous propose deux entrevues exclusives avec Jean Pierre Lefebvre; la première est sous sous forme écrite (plus bas) et la deuxième est un entretien vidéo (première icône dans la section VIDÉOS) 

Vous trouverez également plus bas les bandes annonces des onze longs métrages présentement offerts sur illico et iTunes. 

 

Éléphant: Si je ne me trompe pas, vous avez écrit le scénario de tous les longs métrages que vous avez réalisés. Quelles sont vos plus grandes sources d'inspiration pour vos films?

JPL: J'ai écrit la plupart de mes scénarios, oui, mais j'en ai également coécrit quelques uns : Il ne faut pas mourir pour ça, Le vieux pays où Rimbaud est mort, Avoir 16 ans, Le jour S et Aujourd'hui ou jamais.
 
L'inspiration? C'est la goutte qui fait déborder le vase de la vie et de la mémoire. Une toute petite goutte qui le plus souvent provient d'un hasard, d'une coïncidence, d'une odeur, d'une colère, d'un coup de foudre, d'un fait divers, d'un souvenir ardent ou triste, ou de la rencontre de quelqu'un de plus grand que nature, tel Marcel Sabourin, en 1965, qui m'a inspiré Il ne faut pas mourir pour ça.

Éléphant: Êtes-vous souvent animé, comme dans Q-bec my love, par le besoin de réagir à une réalité politique ou sociale?

JPL: Je l'ai toujours été. Dès mon premier long métrage, Le révolutionnaire. Patricia et Jean-Baptiste, mon second, est pour sa part dédié «à mes ancêtres issus de l'Almanach du peuple»! Dans le fond, je crois que tous mes films énoncent ou dénoncent une réalité politique et sociale, parce que seule la culture m'importe. La culture c'est l'identité de l'individu et de la collectivité. Et la culture est souvent menacée par le politique, pour sa part menacé par l'économie toute puissante.

Éléphant: J'ai lu à votre sujet que vous ne croyiez pas à l'oeuvre unique, mais à la continuité des oeuvres. Comment décririez-vous la continuité qui se trouve dans votre travail?

JPL: Chacun de mes vingt-sept longs métrages est un geste précis posé à un moment précis pour des raisons précises. Ce pourquoi je n'en ai pas de préférés : je les aime tous comme j'aime tous les moments, douloureux ou délicieux, de ma vie et de celles et ceux qui m'entourent, moments dont mes films sont d'ailleurs les témoins.
 
Ce qui peut-être unit mes films c'est la recherche d'identité et d'authenticité (la vérité, je ne sais pas ce que c'est). Je n'ai jamais voulu «faire carrière», mais simplement raconter des histoires d'ici avec les moyens d'ici.

Éléphant: On retrouve le personnage d'Abel, interprété par Marcel Sabourin, dans trois de vos films qui couvrent une période de 31 ans (Il ne faut pas mourir pour ça en 1967, Le vieux pays où Rimbaud est mort en1977 et Aujourd'hui ou jamais en1998).
Que représentent ce personnage et cette trilogie pour vous?


JPL: Comme je viens de le dire, c'est Marcel qui m'a inspiré le personnage d'Abel. Marcel-Abel, quand je les ai rencontrés, et depuis que je les connais, représentent le Québec. Le Québec au présent rêveur et maternel (Mourir), le Québec qui doit redécouvrir son passé, ses ancêtres (Le vieux pays), et, enfin, le Québec qui doit renouer avec le Père (Aujourd'hui ou jamais) pour assurer son futur.
 
L'idée de la trilogie s'est imposée dès le tournage de Il ne faut pas mourir pour ça en 1966.

Éléphant: On sait à quel point vous croyez au cinéma d'auteur, qui constitue les racines du cinéma québécois. Pensez-vous que le cinéma indépendant a de belles années devant lui?

JPL: Le cinéma québécois indépendant, documentaire ou de fiction, restera toujours le cinéma fondateur de la cinématographie québécoise et l'une des sources vives qui alimentent notre culture et notre identité, culture et identité qui l'alimentent à leur tour; c'est pourquoi le cinéma indépendant s'ouvre de plus en plus à des valeurs autres que celles de la «culture canadienne-française catholique» tandis que le cinéma québécois dit commercial n'en sort pas. En ce sens, le cinéma québécois indépendant est garant, d'une certaine manière, de notre survie collective.
 
Le cinéma indépendant est même plus vigoureux que jamais, bien que les feux des projecteurs soient généralement braqués sur le cinéma commercial (qui malgré les illusions que l'on entretient ne l'est pas vraiment), malgré les rudes vents et marées qu'on lui oppose, et malgré l'incurie des télédiffuseurs.

Éléphant: Grâce au projet Éléphant, plusieurs de vos films, ainsi que ceux de vos contemporains, sont maintenant disponibles en tout temps sur illico. Quel effet cela vous fait de savoir que vos oeuvres ont été restaurées et que les nouvelles générations y ont maintenant facilement accès?


JPL: Cela permet, enfin!, la continuité qui m'obsède tant et corrige en partie l'incurie dont je viens de parler (en partie parce que, par exemple, là où je vis à la campagne, je n'ai pas accès à Illico), de même que l'incurie des gouvernements fédéral et provincial qui malgré d'incessantes promesses depuis vingt-cinq ans ont failli à la tâche de préserver la mémoire vivante de notre cinématographie.
 
Le croirez-vous? J'ai réalisé vingt-sept longs métrages et seuls les deux produits par l'ONF, Mon amie Pierrette et Jusqu'au coeur, sont disponibles en dvd! Pour la plupart, mes films n'existent donc que dans la mémoire des gens de plus de cinquante ans, sinon sur certaines cassettes VHS infectes qui circulent encore dans les Cégeps et universités... De tout coeur merci Éléphant.
 
(Me vient une idée. On devrait prélever un % sur la production de tout film, de toute émission de télé et de toute oeuvre audiovisuelle dans tous les formats connus, inconnus et à inventer, afin de créer un fonds pour la restauration, la préservation et la diffusion du patrimoine cinématographique québécois. Après tout, on prélève bien un % sur l'achat de nouveaux pneus pour le recyclage des vieux...).

Éléphant: En terminant, par lequel ou lesquels de vos films suggéreriez-vous à un cinéphile qui ne vous connaît pas de commencer pour s'initier à votre oeuvre?

JPL: Les dernières fiançailles et Les fleurs sauvages ont été mes films les plus mondialement diffusés et acclamés (hé oui, on ne le sait pas mais c'est vrai). Mon amie Pierrette et Patricia et Jean-Baptiste sont bien de chez nous et drôles... La trilogie d'Abel, soit Il ne faut pas mourir pour ça, Le vieux pays où Rimbaud est mort et Aujourd'hui ou jamais, se déguste en douceur et avec beaucoup d'humour... Les maudits sauvages est devenu un film-fétiche avec le temps... Le temps qui d'ailleurs est toujours l'un des personnages de mes films... Le temps qu'il faut prendre pour ne pas voir le temps nous filer entre les doigts... Le temps qu'il faut prendre pour avoir conscience que nous vivons... Je les aime tous, mes films, je vous l'ai dit. Sur le lot, il y en aura bien un qui saura vous toucher... C'est la raison pour laquelle j'en ai tant fait.
 

 

 


Entretien avec Jean Pierre Lefebvre Entretien avec Jean Pierre Lefebvre

Le cinéaste Jean Pierre Lefebvre nous parle de son parcours et de sa passion pour le cinéma.

 

Le révolutionnaire Le révolutionnaire

Bande annonce

 

Il ne faut pas mourir pour ça Il ne faut pas mourir pour ça

Bande annonce

 

La chambre blanche La chambre blanche

Bande annonce

 



 

Jusqu'au coeur Jusqu'au coeur

Bande annonce du film

 

Mon amie Pierrette Mon amie Pierrette

Bande annonce

 

Q-bec my love Q-bec my love

Bande annonce

 

Les maudits sauvages Les maudits sauvages

Bande annonce

 



 

Les dernières fiançailles Les dernières fiançailles

Bande annonce du film

 



 

Le vieux pays où Rimbaud est mort Le vieux pays où Rimbaud est mort

Bande annonce

 



 

Les fleurs sauvages Les fleurs sauvages

Bande annonce du film

 

Aujourd'hui ou jamais Aujourd'hui ou jamais

Bande annonce

 



 

 
 
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Titre de la nouvelle:
Éléphant -- La mémoire du cinéma québecois

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