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Octobre 2017
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Il existe plusieurs types de mémoires
Historique

Par Elyzabeth Walling 

La mémoire sensorielle

Je me souviens est la devise du Québec. Après une fugue d'à peine quelques minutes, à l'âge de 8 ans, les policiers m'ont ramenée à la maison et ils ont dit à ma mère que j'avais déclaré être partie parce que «je ne pouvais même pas aller voir un film toute seule»! C'est avec un sourire complice qu'elle a répondu aux forces de l'ordre que j'étais effectivement passionnée de cinéma. Lorsque j'ai finalement eu 18 ans, je me suis aventurée à Montréal. Je marchais sous la pluie froide sur la rue Saint-Laurent à la recherche d'une salle de cinéma, lorsqu'une voix chaude et amicale m'a interpelée: «Hé toi, viens voir ce film-là, tu vas aimer ça.» C'était le cofondateur du Festival du nouveau cinéma, Claude Chamberlan, qui m'invitait à voir le film de John Cassavetes, Love Streams, au cinéma Parallèle. Je suis tombée sous le charme du programmateur et de sa programmation.   

Des années plus tard, il me demandait qui j'aimerais rencontrer dans le monde du cinéma. Sans hésitation, j'ai répondu Gena Rowlands, l'actrice et muse du premier film qu'il m'avait fait voir. Claude a invité Gena Rowlands à donner une leçon de cinéma mémorable au FNC! J'aurais voulu tracer l'historique de ce festival, mais résumer ici  46 ans de cinéma serait réducteur. J'ai donc demandé à Claude un film québécois qu'il avait présenté au cours des années et qu'il aimerait nous suggérer. Il me dit avec sa dégaine habituelle: «Par chance qu'Éléphant est là pour la mémoire, parce que moi je ne me souviens plus. Il y en a eu tellement. Je me souviens du moment présent et je regarde toujours devant.» 
 
Je confirme, Claude est toujours à l'affût de ce qui se fait et aime par-dessus tout provoquer la rencontre de cinéastes.  Je me suis donc tournée vers le réalisateur Atom Egoyan, venu plusieurs fois présenter ses oeuvres au FNC. Lors d'une de ses visites, Claude lui avait fait rencontrer son mentor, le réalisateur Wim Wenders. Atom Egoyan nous a ouvert les portes de son bureau, là où il crée et conserve ses précieux souvenirs.  Il avait un mot pour résumer ce que nous pensons tous: merci Claude! C'est bien connu, au cinéma, la partie du scénario la plus difficile à réussir, c'est la fin.  Quand le film est bon, inconsciemment on ne veut pas quitter ses personnages. La bonne nouvelle dans le cas du Festival du nouveau cinéma, c'est que son cofondateur Claude Chamberlan ne nous quitte pas: il va désormais se concentrer sur des projets spéciaux. Il prépare ses projets en silence, mais on en entendra bientôt parler: la réussite se charge toujours du bruit ! On est tout ouïe aux prochains voyages cinématographiques que notre magicien du septième art aura à nous proposer. 
Et pour la suggestion de film, La comtesse de Baton Rouge de Marc-André Forcier avait été présenté au FNC. C'est aussi un des premiers films que Philippe Gajan, le successeur de Claude Chamberlan à la programmation du Festival du nouveau cinéma, a vus à son arrivée au Québec. 

Voici un extrait de ce qu'il en écrit dans la revue 24 images: Â«Qui est la comtesse de Baton Rouge? Il faudrait sans doute pouvoir répondre: c'est Paula Paul de Nerval, mais c'est aussi l'histoire d'une sensuelle femme à barbe qui fait tourner la tête de tous les hommes, celle d'un cyclope, d'un homme canon ou d'un cinéaste en mal de pellicule. Tout Forcier est là, son imaginaire débridé, sa tendresse pour le petit peuple, son amour du cinéma en liberté. Le cinéma de Forcier est celui où le réel dans toute sa diversité s'engouffre par la petite porte, soulevé par les ailes de la poésie.» Découvrez ou redécouvrez ce film qui représente bien la programmation innovatrice qui a fait la renommée du Festival du nouveau cinéma!   
Actuel
La mémoire de travail 
En 1977, à 12 ans, le jeune Denis Villeneuve parcourait à vélo plus de 50 km entre Gentilly et Trois-Rivières afin d'aller voir le film La guerre des étoiles. Il écrivait déjà des scénarios et suivait des cours de cinéma. Lors de la course Europe-Asie à laquelle il participe, sensible et créatif, il dit de lui-même lors d'une présentation qu'il est arrivé sur terre dans un Å“uf de camérosaure! Après avoir réalisé le long métrage Maelström, il prend une pause de près de huit ans afin de faire de l'introspection. Cette pause lui sera bénéfique, puisqu'il revient en 2008 avec le court métrage Next Floor, présenté dans plus de 200 festivals de par le monde, nommé aux Oscars et ayant reçu près de 60 prix internationaux. Au total, il reçoit 13 nominations pour ses films en 7 ans aux Oscars.
On prédit d'ailleurs déjà l'Oscar du meilleur acteur pour Harrison Ford dans Blade Runner 2049. Denis Villeneuve a présenté à Los Angeles son dernier film le jour de son anniversaire, le 3 octobre. Il célébrait ses 50 ans. Le monde entier attendait la sortie de la suite du chef-d'oeuvre de Ridley Scott. En présentant Blade Runner 2049 à Montréal, c'est au Festival du nouveau cinéma et au public québécois que Denis Villeneuve a voulu offrir un cadeau! Le 4 octobre, 2 jours avant sa sortie en salle, il a remercié le FNC et Claude Chamberlan d'avoir participé à son éducation comme cinéphile, et de l'avoir encouragé en lui permettant d'y présenter ses films, comme REW FFWD (en 1994), Un 32 août sur terre (en 1998). Son court métrage Next Floor avait aussi ouvert le festival en 2008. Les festivals les plus prestigieux au monde, dont ceux de Cannes, Venise et Toronto voulaient aussi la première de son dernier film. 
 



Ne manquez pas son premier long métrage Un 32 août sur terre, restauré et numérisé par Éléphant. Ce film sera présenté lors de la dernière journée du FNC. Plusieurs projets attendent le réalisateur dont le film Dune, le prochain James Bond avec Daniel Craig et un film sur Cléopâtre avec Angelina Jolie.  
 
À venir
La mémoire à long terme
Le Festival du nouveau cinéma sait prendre les cinéastes en marge et les propulser en première page! Claude Chamberlan a annoncé que Phillippe Gajan sera désormais responsable de la programmation du FNC. À quoi peut-on s'attendre? Arrivé au Québec en 1999, juste avant le passage à l'an 2000, le changement est au cÅ“ur de sa vie.  «Je crois au changement dans la continuité. Il y a une certaine arrogance à s'appeler Festival du nouveau cinéma. Il faut assumer la mission de la nouveauté.»  Rejoint à quelques jours de l'ouverture de la quarante-sixième édition du Festival, quel film d'Éléphant aimerait-il  suggérer? «L'année passée, nous avons présenté La trilogie  d'Abel avec les films Il ne faut pas mourir pour çaLe vieux pays où Rimbaud est mortAujourd'hui ou jamais de Jean Pierre Lefebvre.  Aucune Å“uvre ne représente mieux comment un film pose sa marque sur une époque et vice versa.  Requiem pour un beau sans-coeur est un des premiers films québécois que j'ai eu la chance de voir.  Depuis ce film, j'ai aimé tout ce qu'a fait Robert Morin. Au cours de ce film, huit personnes se remémorent, chacune à sa manière, les événements des trois derniers jours de la vie de Régis Savoie, criminel notoire condamné à 25 ans de réclusion. Et justement, pour les amateurs des films de Robert, Éléphant est en train de terminer la restauration de Windigo, une des Å“uvres les plus engagées de ce cinéaste.
 
À quoi peut-on s'attendre de la programmation de la 47e édition du FNC sous la direction de Philippe Gajan?  «Le festival a toujours eu comme mandat de se réinventer, et y a réussi au plus grand plaisir des cinéphiles.  Les artistes sont rois oui, mais le public aussi. À l'ère de Netflix et du numérique, on invite les gens à aller moins vite, à prendre 10 jours pour accepter d'être traversés par plein d'émotions.  Il faut arrêter de croire que ce sont les primeurs qui sont les plus importantes et prioriser les rencontres. Nous allons continuer de réunir les deux préoccupations du Festival, soit l'esthétique et le sociopolitique.  Je veux arrêter le jeu de la pensée unique et présenter des discours actuels sur le monde avec les armes du cinéma!»

Cette année , le cinéma québécois sera très présent au FNC, qui présentera notamment le film de zombies Les affamés de Robin Aubert, Ta peau si lisse de Denis Côté, Eye on Juliet de Kim Nguyen, La petite fille qui aimait trop les allumettes de Simon Lavoie et Innocent de Marc-André Lavoie. Ce n'est pas une coïncidence si le Québec produit autant de réalisateurs qui remportent en ce moment un succès planétaire.  Ils ont grandi avec des films soigneusement sélectionnés pour leur style personnel  et, surtout, leur audace. Philippe Gajan persiste et signe: «Le Festival va continuer à assumer son titre de "nouveau", c'est-à-dire tourné vers le futur, nourri par le passé afin de toujours rester présent.»  
MOT DE LA FIN

L'humour a toujours le dernier mot   
L'humour ne se résigne pas, il défie, disait Freud. Maintenant plus que jamais, joignez-vous à nous et riez de bon coeur! Ne manquez pas, à l'occasion d'Éléphant sur grand écran à la Cinémathèque québécoise dès la fin d'octobre, la rétrospective des films de Dominique Michel qui précèdent le succès du Déclin de l'empire américain. Vous pourrez voir: Tiens-toi bien après les oreilles à papa en présence de Dominique Michel et Yvon Deschamps,  Je suis loin de toi mignonne en présence de Dominique Michel et du réalisateur Claude Fournier, Les aventures d'une jeune veuveJ'ai mon voyage,  Y'a toujours moyen de moyenner. Et si vous ne pouvez pas vous y rendre, consultez les liens, la plupart des films sont disponibles sur illico ou iTunes! 

Ce n'est pas banal, il y a eu soixante-dix ans, cette année, que Dominique Michel est entrée dans le monde du show business, et qu'elle nous fait rire et pleurer depuis ce temps. Tout un exploit pour cette jolie petite bonne femme de la rue Wolfe, à Montréal. Dans une confidence vidéo, Dominique Sylvestre (de son vrai nom) raconte commente sa vie de comédienne a débuté.
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