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Septembre 2017
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L'automne : le frisson, le feu et la passion
Historique

Par Elyzabeth Walling 

Le frisson de La dame en couleurs

J'ai un frisson en pensant que je ne sais pas comment parler de ce dernier film de Claude Jutra. Victor Hugo a toujours les bons mots: «Pour les statues comme pour les hommes, un piédestal c'est un petit espace étroit et honorable avec quatre précipices tout autour.»  Je ne pense pas pouvoir dire mieux. C'est comme si on ne laissait que la mort à nos idoles comme choix de libération, et encore. 

L'actrice et réalisatrice Paule Baillargeon a reçu en 2012 le prix qui portait le nom du réalisateur qui l'avait si bien mise en scène lors de son dernier film, La dame en couleurs.  Ce Jutra-Hommage soulignait l'ensemble de sa carrière au grand écran. Elle avait aussi tourné un documentaire sur lui: Claude Jutra, portrait sur film.  Elle dira de lui lors d'une entrevue avec le journaliste André Duchesne: «J'ai découvert quelqu'un de phénoménal et même génial. Claude a eu un parcours passionnant qui a suivi la courbe de l'histoire du Québec. Dans les années 1960 et 1970, il était partout. Il jouait, tournait, faisait des émissions de télé. Son énergie était à l'image du Québec. Puis, après le référendum de 1980, sa santé a commencé à décliner.» 

Ils s'étaient rencontrés au Grand Cirque ordinaire: le frisson partagé de faire partie de la première troupe québécoise de théâtre collectif. Plus tard, quand la vie n'avait plus de nom pour le réalisateur, il se savait quand même voisin de la charmante comédienne au square Saint-Louis. Lors de la projection d'Éléphant sur grand écran de La dame en couleurs  à la Cinémathèque québécoise, l'actrice principale du film, Paule Baillargeon, nous a raconté avec émotion comment l'amour de toute l'équipe de tournage, dont  faisaient partie les acteurs Charlotte Laurier et Guillaume Lemay-Thivierge, aura permis à Claude Jutra de réaliser son dernier film. 
Actuel
Le feu sacré du flambeau

Québecor a toujours eu le feu sacré quand il s'agit de soutenir et de stimuler la culture québécoise. Je me permets de citer le réalisateur Kim Nguyen qui m'écrivait récemment: «Si tu connais l'équipe de Québecor, s.v.p. dis-leur que j'ai été rassuré d'apprendre qu'ils vont contribuer à préserver l'Impérial, ce serait tellement triste de voir un de nos derniers grands théâtres disparaître!» J'ai transmis le message. Pierre Karl Péladeau a souvent répété qu'à son avis, «les grandes compagnies avaient une vocation et une obligation morale de protéger notre patrimoine culturel, c'est un  flambeau qu'on passe aux futures générations». 
 
L'annonce a été faite: le Cinéma Impérial recevra désormais l'appui financier et l'expertise d'une compagnie qui a à cÅ“ur la culture. Ce sera certainement un bel endroit afin de projeter les films restaurés par Éléphant, un autre projet soutenu par Québecor.   
À venir
La passion sans concession

On espère voir bientôt sur grand écran l'adaptation cinématographique du deuxième roman de Kim Thuy, Mãn, par le réalisateur Jimmy Larouche. Pour nous faire patienter, il nous a parlé de sa démarche lorsque nous l'avons rencontré. Tout comme ses films, le réalisateur est sans compromis. Il a des choses à dire, souvent celles dont on n'ose pas parler franchement. Ses films, eux, n'hésitent pas et traitent de sujets bouleversants, comme l'intimidation dans La cicatrice et le viol dans Antoine et Marie. Plus récemment, son film Mon ami Dino, sur le comédien Dino Tavarone, semble prendre une orientation plus «lumineuse», nous confie le réalisateur.  
Lors d'une brève rencontre dans le parc près de chez lui, où il se sent un peu comme dans sa ville natale d'Alma, Jimmy Larouche nous explique son cheminement vers ce nouveau long métrage

Jimmy Larouche est un réalisateur comme il ne s'en fait presque plus! Un être qui cherche la beauté là où personne n'aurait même pu l'imaginer. On a hâte de recevoir, avec sa version de Mãn, la vision des autres dans notre culture. Son cinéma, c'est une rencontre avec des idées qui poussent à la réflexion. Les spectateurs restent souvent après la projection de ses films pour échanger et débattre du sujet qu'il explore. «Je ne fais pas la morale, je ne donne pas de solutions, je fais le cinéma que j'aimerais voir parce que ça ne sert à rien de critiquer sans rien faire.»   


Dans Mãn, on traite d'immigration, un sujet d'actualité qui avait été exploré dans Les noces de papier. Dans ce film restauré par Éléphant, deux étrangers apprennent à se connaître devant la caméra de Michel Brault. Tout comme Jimmy Larouche, Michel Brault était un réalisateur qui savait capter, sans souligner, la lueur dans un regard. Il nous révèle dans ce long métrage les petits gestes qui traduisent le relâchement progressif de la tension entre les personnages. C'est souvent derrière les choses qui semblent pourtant si simples qu'on reconnaît les vrais artistes!  
MOT DE LA FIN

La brillante idée!   

L'automne est à nos portes, nous avons plus de seize films d'avant 1960 restaurés, numérisés et maintenant disponibles pour illuminer nos soirées qui s'allongent doucement...
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